Les quais de l'Imaginaire

13 mai 2011

Les quais s'en vont, l'imaginaire reste

 

Les quais de l’imaginaire ferment leurs portes, et quelle belle manière de se dire aurevoir que de vous proposer les œuvres des gagnants du concours l’imaginaire et l’enfant. Félicitation à Marie Darboure pour sa nouvelle et Julien Mondet pour ses planches. Un grand merci aux autres particiapants. Un grand merci à tous les lecteurs du blog et toute les personnes qui nous ont soutenu durant cette année. Nous avons toutes eut beaucoup de plaisir à faire ce voyage avec vous.

 

 

Les quais de l’imaginaire

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Yume Mimi : Planches illustrées gagnantes

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Félicitations à Julien Mondet pour ses planches très belles

Et qui nous ont fait voyager

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Eloïse et Moi: gagnante du concours de nouvelle

 

Rien n’est plus facile que d’obtenir quelque chose quand on est une jolie fillette aux nattes blondes, âgée de dix ans. Mais ce qui est encore plus simple, c’est d’être deux fillettes aux nattes blondes et âgées de dix ans.

- Je veux un chien !

- Papa ne voudra jamais…

- On le fera changer d’avis !

Eloïse était la plus téméraire, la moins timide et la plus capricieuse des deux. Elle avait de longs cheveux bouclés qu’elle coiffait de la même façon que moi, ses yeux bleus, ses lèvres charnues et même son grain de beauté au coin de l’oeil gauche. Elle me ressemblait, une copie conforme, une partie de moi-même, ma soeur jumelle, Eloïse, dont seul le caractère différenciait de moi.

 

 

Nos parents ne nous reconnaissent pas, l’une à côté de l’autre, portant les mêmes vêtements, optant pour les mêmes coiffures, rien ne pouvait nous distinguer. On relatait en boucle notre plan pour faire changer d’avis nos parents. Depuis près d’une semaine, nous essayons de convaincre nos parents d’avoir un chien, mais quoiqu’on dise, ils avaient le dernier mot. Ce jour-là, Eloïse était décidée, elle avait le plan, et ça se déroulerait ce soir. Mon père passait son temps au boulot et ma mère, enceinte jusqu’aux yeux, ne pouvait plus bouger de son lit en attendant de pouvoir accoucher.

Le soir venu, Eloïse fut la première à courir vers notre père qui franchit la porte de la maison.

- Papa !

Un dîner, une Eloïse pleine de charme et un rangement de cuisine plus tard, notre père avait cédé.

 

 

- Elora, dépêches toi !

Je descendis du bus qui nous ramenait de l’école et courait en direction de la maison alors que Eloïse me devançait largement. Comme notre père nous l’avez promis, un petit cocker nous attendait devant la porte d’entrée. Le petit chiot se précipita vers nous en jappant et Eloïse le prit dans ses bras en rigolant.

- Il est trop chou !

Je courus à l’intérieur de la maison pour remercier mon père.

- Enfin tu viens m’embrasser !

Je rigolais et me jetais dans ses bras. Il m’attrapa par la taille et me souleva de terre pour m’embrasser.

- T’es trop cool mon Papa chéri !

- Il faudra t’en occuper surtout et prendre soin de lui. Tu vas pouvoir lui trouver un nom. C’est un garçon…

- J’ai déjà pleins d’idées.

Il me reposa au sol et je rejoignis Eloïse qui s’amusait avec l’animal.

- C’est un garçon, t’as réfléchi à des noms toi ?

- Un peu… Moi j’aime bien Rex, ou Foxi.

Elle me tira la langue et je me mis à courir après le petit chien en rigolant. Nous trouvions rapidement un nom pour notre nouveau compagnon. Un petit chiot se goinfrant de bonbon au caramel en cachette, ne pouvait s’appeler autrement que Karamel. Il appréciait notre compagnie et nous adorions le sortir et nous occuper de lui dès que nous en avions l’occasion. Tout allait très bien, jusqu’à ce que Eloïse passe une mauvaise journée à l’école. Elle me raconta qu’elle s’était disputée avec un de nos camarades et s’enferma dans sa chambre où je n’osais la déranger.

 

La nuit fut longue. Le soleil ne ferait son apparition que dans une heure mais je me levais pour aller boire un verre d’eau. Je rejoignis la cuisine à pas de loup et fut surprise de ne pas trouver là notre petit chiot. Je fis le tour des lieux en l’appelant doucement et envisagea d’aller vérifier que l’animal n’était pas dehors. La porte d’entrée résista plus que d’habitude, je forçais un peu et elle s’ouvrit plus brutalement que je ne l’avais prévu. Avec l’élan, je dérapais, et fit une magistrale pirouette avant de me retrouver sur les fesses. Je regardais le sol en soupirant et remarqua une énorme tâche brune sur le par terre. J’hésitais un instant avant de passer ma main dans le liquide visqueux et cherchais des yeux la provenance des dégâts, je remontais mon regard le long de la porte et poussais un cri d’effroi devant le spectacle qui s’offrait à moi. Karamel, notre chiot, était accroché là, à notre porte, pendant par les pieds, les tripes à l’air et sa tête à moitié défaite de son petit corps.

 

 

 

 

Un policier intervint très vite après que mes parents se soient réveillés à cause de mes cris. Eloïse dormait encore ou alors elle boudait encore et d’un côté, il valait mieux qu’il en soit-ainsi.

Le policier s’appelait Léonard Liento, il était plutôt jeune, bel homme et surtout très sympathique. Il me posa des questions concernant ma macabre découverte et je lui répondis du mieux que je pus. J’étais épuisée et mon père m’accompagna pour me coucher. Je m’endormis en quelques secondes, jusqu’au lendemain matin, malgré un sommeil agité. Eloïse ne parla jamais du petit chien et je ne voulais pas engager la conversation. C’était le premier jour des vacances de printemps et je voulais en profiter pour ne pas penser à tout ça. Je devais rejoindre mon ami, Jérémy. Nous étions dans la même classe depuis tout petit, les meilleurs amis du monde. Jérémy et Eloïse se détestaient, je devais donc le voir en cachette. Il m’avait offert un petit bracelet en perles qu’il avait fait et que je portais toujours car lui aussi avait du mal à nous reconnaitre. Sauf ce jour-là. Le matin, en m’habillant, je m’étais rendue compte que j’avais perdu ce bracelet. Eloïse, avait rigolé et j’étais partie, vexée, rejoindre

mon meilleur ami. Nous avions notre endroit préféré, au milieu de la forêt, près de l’école, on avait construit une sorte de cabane. C’était tout petit et pas vraiment une cabane d’ailleurs, mais c’était notre endroit à nous.

            Quand j’arrivais au lieu du rendez-vous, j’étais encore à quelques mètres de notre cabane quand j’entendis des voix. Personne ne connaissait notre planque, personne en dehors de ma sœur et je reconnus sa voix sans difficulté.

- Ca fait pas mal !

- T’es sûre ? Pas envie de souffrir pour un jeu débile, moi.

- Je l’ai fait pleiiiiin de fois, et à l’école, tout le monde le fait. Tu passeras pour une mauviette si tu n’y arrives pas…

Ma soeur rigolait, et très surprise de la voir s’amuser ainsi avec Jérémy, je m’approchais de quelques pas, restant à couvert pour observer leur échange.

Eloïse attrapa un foulard dans une de ses poches, un de ceux qu’on ne porte que lors des grandes occasions, en soie, j’avais le même qu’elle, mais moi j’avais trop peur de le salir en l’apportant ici pour le montrer à Jérémy. Je me cachais bien derrière un arbre et les regardais, amusée et bien heureuse de les voir s’entendre aussi bien pour une fois.

-T’es sûre de sûre que ça fait pas mal ?

- Promis, je l’ai fait plein de fois j’te dis ! Et quand tu dis stop, je lâche tout.

- T’as intérêt sinon j’te cogne !

- Fais pas ta fillette…

Je rigolais doucement et Eloïse passa le foulard autour du cou de Jérémy. Celui-ci se laissa faire, pas très confiant mais il ne bougeait pas. Je me redressais légèrement et sortis un peu plus la tête de ma cachette, plus très rassurée en voyant ma soeur serrer le foulard autour du cou de mon meilleur ami. Il devint un peu rouge et Eloïse ne lâchait pas sa prise, son grand sourire ne la quittait plus.

Jérémy porta la main à son cou, devenant de plus en plus rouge, il dit quelques mots que je ne pus comprendre, étouffés par le lien qui lui bloquait la respiration. En quelques secondes, son visage passa du rouge au violet. Jérémy tenta de repousser Eloïse, mais elle ne desserra pas son étreinte, le foulard qu’elle tenait fermement dans ses mains ne faisait plus qu’un avec Jérémy.

Je sortis de derrière mon arbre, mon ami avait les yeux mi-clos, horrifié, il remua dans tous les sens avant de s’écrouler à genoux devant moi. Eloïse me regarda, tout sourire et continua de serrer le foulard autour du cou du jeune garçon. Je ne savais quoi faire, aucuns sons ne voulaient sortir de ma bouche, tellement j’étais choquée.

- Elo… Elooo…

Un murmure, le dernier que j’entendis venant de Jérémy qui tomba au sol, à mes pieds. Je m’agenouillai près de lui et le secouai doucement.

- Jérémy ?

Eloïse récupéra son foulard pour le mettre dans sa poche et en sortit un autre, bien moins joli pour le mettre autour du cou de Jérémy.

- Pourquoi tu as fait ça ?

- On jouait…

- Mais… Fallait lâcher.

- Il n’a pas dit stop !

- Il va se réveiller ?

- Oui… Mais il faut qu’on rentre à présent.

Eloïse me prit par le bras, je le vis alors. Mon bracelet. C’est elle qui le portait. Je me relevais et la regardais, trop surprise pour dire quoique ce soit.

Je ne me souviens pas comment j’ai fait pour rentrer chez nous, mais j’étais dans ma chambre, assise sur mon lit. Eloïse avait dû me rendre le bracelet, car je l’avais dans la main et je ne cessais de le toucher, le tourner et le retourner dans tous les sens. J’avais du pleurer, mais là aussi, je ne m’en souvenais plus, ou alors, je m’en souvenais mais je voulais l’oublier.

Le lendemain, Léonard Liento réapparaissait chez nous. C’est moi qui ouvris la porte, mon père me suivait de près.

- Vous avez des nouvelles ?

- Monsieur Johans, je suis désolé, mais je ne viens pas pour votre chien.

- De quoi s’agit-il ?

- Est-ce que vous connaissez Jérémy Watson ? Il a disparu. Il n’est pas rentré chez lui de lanuit.

Tout oublier…

 

 

 

 

J’avais rejoint ma chambre en attendant que mes parents discutent avec le policier. Eloïse me rejoignit et s’assit à côté de moi, sur le lit.

- Tu ne dois rien dire à personne…

- Tu lui as fait du mal.

- Ils vont me faire du mal à moi, si tu leur racontes tout. Ca doit rester notre secret…

- Mais je ne veux pas qu’ils te fassent du mal.

- Alors ne dis rien.

Je regardais ma soeur ne sachant que faire. Elle avait les larmes aux et je ne voulais pas qu’il lui arrive quelque chose, sans Eloïse, je n’étais plus rien. C’était ma soeur, et je me devais de la protéger.

Mon père finit par m’appeler et je les rejoignis donc, laissant ma soeur seule. L’inspecteur de police était encore là, dans le salon.

- Il faudrait que je te pose quelques questions, tu veux bien ?

Je hochais la tête et m’assis à côté de mon père qui m’entoura de son bras. Léonard sourit et je me sentis plus rassurée.

- Je m’appelle Léonard.

- Moi c’est Elo.

- Tu sais pourquoi je suis là ?

- C’est pour Jérémy.

- Oui, en effet. C’est ce que j’ai dit à ton père quand je suis arrivé. Tu sais où il est ?

Je ne voulais pas que Eloïse ait des problèmes par ma faute, j’avais trop peur qu’on me l’enlève elle aussi. Je décidais donc de mentir, juste un petit mensonge qui nous aiderait à toutes les deux. Je remuais la tête en signe de négation, résolue à ne pas dire un seul mot pour ne rien laisser sortir de ma bouche qui pourrait faire prendre un risque à Eloïse.

- Sa mère nous a dit que vous deviez passer l’après-midi ensemble, c’est vrai ?

Les larmes menaçaient de déborder de mes yeux et je reniflais doucement.

- Je l’ai vu, mais on s’est disputé alors je suis rentrée à la maison.

- Vous êtes allés où ?

- On a une cabane, dans la forêt à côté de l’école.

- Tu crois qu’il a pu rester là-bas ?

- Je sais pas. Vous le retrouverez ?

- On fera de notre mieux pour le retrouver au plus vite. Merci pour tes réponses.

Je haussais les épaules et embrassais mon père avant de regagner ma chambre au plus vite.

Eloïse n’avait pas bougé de place, elle souriait.

- T’as rien dit ?

- Non…

Eloïse se leva pour me rejoindre et me prit sans ses bras.

- Je t’aime.

- Moi aussi…

Je soupirais et me blottis contre ma soeur en pleurant. Elle me consola et nous ne reparlions pas de ce qu’il s’était passé.

Cette nuit-là, je n’arrivais pas à dormir et j’entendis mon père et ma mère discuter. Curieuse, je me levais et ouvris la porte. Mon père ne me remarqua pas quand il traversa le couloir devant moi et je rejoignis ma mère dans la chambre. Je la trouvais assise sur le bord du lit, les deux mains sur son ventre. Elle transpirait et son visage était crispé par la douleur. Elle me sourit à peine et me fit signe de s’approcher d’elle, ce que je fis.

- Tu as mal Maman ?

- Je vais avoir le bébé ma chérie.

- Oh !

J’étais plus que surprise, en plein milieu de la nuit, le petit être qui poussait dans le ventre de ma mère, avait décidé de pointer le bout de son nez, comme ça, sans prévenir.

- Elo, va te coucher, il vaut mieux.

- Oui Maman…

Ma mère m’embrassa et je rejoignis la chambre de Eloïse. J’entendis à nouveau des bruits dans le couloir, mes parents quittèrent la maison et je réveillais ma soeur pour lui annoncer la nouvelle.

- Quoi ?

- Maman est partie avec Papa, elle va avoir le bébé.

Eloïse se redressa d’un coup.

- Oh non ! Pas déjà !

- C’est bien, non ? On va avoir un petit frère.

- Tu trouves ça bien toi ? Un petit frère qui n’arrêtera pas de pleurer, de manger et en plus ça pue et ça casse les jouets.

- Je sais. Je peux dormir avec toi ?

- Viens…

Elle me fit de la place près d’elle et je me glissais sous les draps, me collant le plus possible contre elle. En quelques secondes, toutes les deux nous nous endormions, trop fatiguée pour penser au nouvel arrivant qui serait parmi nous dans quelques jours. Le lendemain matin, notre père rentrait enfin chez nous. Il était tout souriant malgré les grosses cernes qu’il avait sous les yeux.

- Ca y est, tu as un petit frère !

Je rigolais de le voir si joyeux et lui sautais dessus.

- Il s’appelle comment ?

- Harry. Ca te plait ?

- C’est bizarre, mais j’aime bien.

Au même moment, on frappa à la porte. L’inspecteur Liento se trouvait devant mon père, bien plus sérieux que la fois précédente.

- Monsieur Johans, nous devons parler.

- Vous avez retrouvé le petit Jérémy ?

Mon père avait perdu son sourire et moi je ne bougeais pas, me doutant de la nouvelle, mes mains tremblaient de plus en plus. L’inspecteur me regarda, j’étais trop loin pour entendre ce qu’il disait, mais je pus lire sur ses lèvres, ou du moins, j’étais sûre de ses paroles, même les yeux fermés, je les aurais devinées.

- Nous avons retrouvé le corps de Jérémy dans la forêt. Il est mort.

 

 

 

Mon père fit entrer Léonard et je me précipitais dans ma chambre. Je ne voulais rien

savoir de plus, de toute façon, je savais ce qu’il s’était passé et j’avais surtout très peur de tout raconter. Si Eloïse avait des problèmes, je ne me le pardonnerai pas.

Eloïse ne pointa pas le bout de son nez, elle aussi avait du se douter que ce n’était pas pour rien que l’inspecteur était venu, et elle était restée dans sa chambre, tout comme moi, attendant que le policier finisse son entretien avec notre père. Plusieurs longues minutes après l’arrivée du policier, mon père m’appela. Je trainais les pieds pour les rejoindre et m’assis, comme la première fois, aux côtés de mon papa.

- Bonjour Elo.

- Vous avez retrouvé Jérémy ?

- Oui… Mais j’ai quelques questions à te poser. Quand tu as vu Jérémy, il allait bien ?

- Moui…

- Il y avait quelqu’un d’autre avec vous ?

Je secouais rapidement la tête de gauche à droite, pinçant les lèvres pour ne pas parler.

- Ok. Est-ce que tu reconnais ça ?

Il sortit de sa poche un sachet en plastique contenant un foulard. Le foulard. Je haussais les épaules avant de baisser les yeux. Mon père posa une main sur mon épaule, tentant alors de me soutenir.

- Ca va aller chérie. Si tu ne sais pas tu le dis au policier, il ne te fera rien de mal.

- Je sais Papa… Je peux repartir dans ma chambre ?

Mon père regarda Léonard qui fit un petit sourire et un signe de tête.

- Tu peux y aller oui.

Je ne me fis pas prier, me levant d’un bond, je montais les escaliers deux à deux pour m’enfermer dans ma chambre. Je me jeta sur mon lit et me mis à pleurer. Je venais de perdre mon meilleur ami et il me manquait déjà horriblement.

Les jours passaient, Maman était toujours à l’hôpital avec le bébé, Papa travaillait toujours aussi dur et Eloïse ne me parlait presque plus, la venue future de notre petit frère la mettait hors d’elle.

Quand je revins de ma promenade ce jour-là, mon père était rentré à la maison mais il y avait aussi la voiture de Léonard Liento, garée devant notre entrée. Je serrais les poings, je n’avais pas envie de le voir. J’ouvris la porte et comme à chaque fois, mon père était dans le salon, l’inspecteur assis en face de lui, en train de discuter. Je soupirais doucement et entra dans le salon pour les saluer.

- Bonjour Elo, je suis venu discuter avec toi. Tu veux bien m’accorder cinq minutes ? On peut aller dans ta chambre ?

- Si vous voulez.

J’avançais vers les escaliers et Léonard me suivit. Une fois dans la chambre, il laissa la porte ouverte et je m’assis sur le lit, alors qu’il prenait place sur la chaise de bureau.

- Tu sais pourquoi je suis là ?

- Je sais oui, tout le monde parle que de ça ici…

- Tu sais ce qui est arrivé ?

- Mon père m’a expliqué et il m’a interdit de jouer pareil.

- Tu connaissais le jeu du foulard avant ?

- Tout le monde connait, à l’école ils y jouent tout le temps.

- Et toi tu y joues ?

- Non. Je trouve ça bête…

- Jérémy y jouait lui ?

- Je crois… Peut-être pour essayer.

Le policier regarda autour de lui et me sourit.

- Tu as une jolie chambre… Je vais te laisser tranquille. Fais attention à ces jeux, c’est très dangereux.

- Je sais…

Je soupirais et Léonard quitta la chambre. Je le vis regarder une dernière fois ma chambre, il fronça les sourcils et quitta les lieux. Quelques minutes après, j’entendis la porte d’entrée se refermer.

 

 

Quelques jours plus tard, Harry était enfin à la maison. Il était très mignon, mais ce n’était pas l’avis d’Eloïse, qui se plaignait sans arrêt.

- Il m’énerve, il chiale tout le temps !

Mon père avait repris le travail et ma mère s’occupait à nouveau des tâches ménagères, bien plus enthousiaste et heureuse de vivre depuis qu’elle avait mis au monde Harry. Eloïse et moi étions assises sur le canapé et nous regardions le landau qui était posé sur la table basse. Harry dormait profondément, mais même à ce moment, il énervait ma soeur.

- Y en a que pour lui d’toute façon !

- Je le trouve mignon moi…

- Pas moi ! Il m’énerve…

Elle se leva en prenant un coussin et s’approcha du landau.

- Petite chose dégoutante et qui pue.

- Dis pas ça Elo…

- Je vais te montrer quelque chose, on va rigoler un peu…

Elle posa le coussin sur la tête de Harry. Je me levais précipitamment pour l’empêcher de lui faire du mal. Elle me repoussait doucement et secoua la tête.

- Regardes…

Je regardais donc et je vis ma soeur appuyer sur le coussin qui couvrait la tête de mon petit frère.

 

 

 

 

Ma mère sortit de la cuisine, s’essuyant les mains avec un torchon, son sourire disparut en quelques secondes, devant la scène qui se déroulait devant ses yeux.

- ELO ! NOOOON !

Je reculais d’un pas, choquée par ce qu’avait fait ma soeur et me réfugiais dans ma chambre J’entendis, quelques secondes après, mon petit frère pleurer. Il était sain et sauf, soulagée, je m’effondrais contre la porte de ma chambre que j’avais fermé un peu plus tôt, tremblant et laissant les larmes couler sur mes joues.

Je n’osais pas descendre, ma soeur avait du aller se cacher elle aussi et quand mon père rentra du travail, j’ouvris légèrement la porte pour tenter d’écouter ce qui allait se dire.

- Elle a vraiment un problème !

- Je suis sûr qu’il y a une explication à tout ça… Je vais aller lui parler.

Mon père grimpa les escaliers avant de frapper à ma porte. Je m’assis sur mon lit alors qu’il entrait dans ma chambre et s’installa à côté de moi.

- Elo… Il faut qu’on parle. Pourquoi tu as fait ça ?

- Fais quoi ?

- Ce que tu as fait à Harry…

Je me levais, incrédule devant les accusations de mon père.

- Mais je n’ai rien fait ! C’est pas moi !

- Arrêtes de mentir !

Il se leva et me fit face, un peu en colère.

- Je te jure, c’est pas moi, c’est…

Il me coupa la parole en levant la main devant moi pour me faire taire, devenant de plus en plus rouge.

- Arrêtes tes mensonges ! Tu es puni et je ne veux pas te voir de la soirée !

Il quitta ma chambre sans se retourner. J’étais très en colère après ma soeur et je ne voulais pas la voir.

Le lendemain, je n’osais pas sortir de ma chambre mais quand j’entendis la discussion animée qui provenait du rez-de-chaussée, Eloïse devait se faire punir et rassurée, je descendis rejoindre ma famille. Mais à l’intérieur de notre salon, pas moins de quatre policiers, dont Léonard Liento qui expliquait la situation à mes parents.

- Nous avons un mandat.

- Expliquez-nous au moins, ce qu’il se passe !

Mon père était très énervé, personne n’avait fait attention à moi alors que la discussion s’enflammait de plus en plus.

- Jérémy Watson a été tué. Et nous avons de forte raison de croire que l’arme du crime se trouve chez vous.

- Mais ça va pas, non ?

Je frissonnais et ma mère me prit par la main pour m’amener à l’extérieur de la maison. Après les recommandations de l’inspecteur Liento, nous prenions la direction d’une amie chez qui passer quelques heures en attendant que la perquisition s’effectue dans notre demeure.

Je retrouvais Kelly, une de mes copines de classe. Nos parents étaient proches et je l’aimais beaucoup. Mais Eloïse était toujours exécrable avec mes amis et avec les derniers évènements, elle était encore plus énervée. Nous étions toutes les trois dans la chambre à jouer avec les poupées de mon amie. Eloïse s’ennuyait fermement.

- T’as pas un autre jeu ? C’est pour les bébés ça…

Kelly secoua la tête et lui désigna le coffre à jouets qui étaient près du placard.

- Choisis ce que tu veux.

Kelly souriait toujours, même si elle savait que Eloïse ne l’appréciait pas, elle ne se disputait

jamais avec personne. Elle était drôlement cool comme copine et j’étais contente d’être avec

elle.

- Je connais un jeu.

- Tu me montres ?

Je ne disais rien et regardais ma soeur se lever pour attraper une écharpe qui trainait sur le bureau.

- D’abord, faut que j’attache tes mains pour ne pas que tu triches.

Kelly rigola, enthousiasmée par l’idée, elle tendit ses deux mains et Eloïse lui fit un grand sourire en nouant les deux poignets ensemble.

- Il faut cacher les yeux aussi.

La longue chevelure de Kelly était retenue en arrière par un petit bandeau en tissu que Eloïse s’empressa de lui mettre devant les yeux.

- Et maintenant ?

- Tu te lèves et tu fais cinq tours sur toi-même !

Kelly tourna donc, rigolant aux éclats. Je ne pus que rire moi aussi, très amusée par ce jeu.

Eloïse avisa rapidement un sachet en plastique qui contenait des vêtements. Elle vida le sac sur le sol et s’approcha de Kelly qui avait fini de tournoyer.

- J’ai fini !

- Je sais… Ne bouges pas, c’est le moment le plus amusant…

Et elle mit le sac sur la tête de Kelly, serrant au niveau du cou, ce qui empêchait mon amie de respirer.

Elle n’eut pas le temps de se débattre pour faire arrêter ma soeur, que la porte s’ouvrit à la volée sur l’inspecteur Liento et mon père. J’étais trop abasourdie pour dire quoique ce soit, sans réaliser ce qu’il se passait, on m’attrapa par le bras et me fit sortir de la maison en moins de deux secondes.

Je me retrouvais dans la voiture de police, avec mon père. En regardant par la vitre arrière, je vis Eloïse. Elle me fit un signe de la main et un large sourire…

Tout ce qui se passa après était trop flou pour moi. Je respirai doucement pour essayer de reprendre mes esprits et tenta de me lever, mais mes mains étaient maintenues au lit où je me trouvais allongée. Je regardais le plafond et appela ma soeur. Un homme en blouse blanche entra dans la pièce, suivit par ma mère et mon père, les deux semblaient épuisés.

- Votre fille a de gros problèmes…

En tournant la tête vers les fenêtres, je m’aperçus qu’elles étaient protégées par de larges barreaux, puis je vis le lit à côté du mien.

- Eloïse !

Ma soeur était là, allongée elle aussi et ses mains étaient attachées par des sangles. Elle ouvrit les yeux et grogna avant de me regarder.

- T’as tout gâché…

Ma mère s’approcha de moi et me prit la main. Elle pleurait et j’étais vraiment triste pour elle.

- L’inspecteur de police a retrouvé le foulard dans la chambre de votre fille.

Eloïse allait avoir de gros problèmes, il fallait que je fasse quelque chose, mais quoi ? La situation lui avait échappé et ça allait mal finir.

- Je ne comprends pas… Elle était bizarre mais de là à tuer son ami et… Je ne comprends vraiment pas.

Mon père éclata en sanglot et l’homme en blanc tapota son épaule.

- On fera le maximum pour l’aider, mais ce qu’elle a fait est très grave, les cas de

schizophrénie ne sont pas isolés et sont dangereux s’ils ne sont pas soignés.

- Vous allez la garder longtemps ?

- Je ne sais pas, ça dépend de l’évolution… Plusieurs semaines, des mois même.

- Non ! Fais quelque chose !

Je me tournais vers ma soeur pour avoir le soutien nécessaire, mais le lit était vide. Je ne savais pas où était ma soeur et je remuais dans le lit, paniquant de plus en plus.

- Laissez-moi, je veux la rejoindre !

Mon père s’approcha de ma mère, mes parents me regardèrent en pleurant à chaudes larmes.

- Ma chérie…

- Eloïse, ma puce, on est là pour toi, ne t’inquiète pas…

 

Marie Darboure

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24 avril 2011

La Fantasy à la française

Bien que souvent occultée par les succès d'origine anglo-saxonne, la fantasy française n'est pas en reste, avec des auteurs qui se sont imposés dans le paysage éditorial. De nombreux prix français récompensent des oeuvres de fantasy (et souvent également de science-fiction) Nous n'aborderons ici que les auteurs qui écrivent majoritairement de la fantasy, en laissant volontairement de côté d'autres noms également connus mais dont l'oeuvre oscille entre science fiction et fantasy.

Edouard Brasey

Edouard_Brasey

Née en 1954 à Marseille, Edouard Brasey a d'abord été journaliste avant de se lancer dans l'écriture. Il est directeur de la collection de fantasy française pour les éditions Pré aux Clercs. Il est l'auteur de plus d'une soixantaine d'ouvrages traitant du monde féérique et de mythologie, dont un bon nombre d'ouvrages de référence tels que la Petite Encyclopédie du Merveilleux qui a été récompensée entre autres par le prix spécial du Jury du festival Imaginal en 2006. Son cycle principal, La Malédiction de l'anneau s'inspire, à l'instar de Richard Wagner et de J. R. R. Tolkien, de la mythologie nordique afin de revisiter la légende de l'Or du Rhin. Le premier tome de ce cycle Les Chants de la Walkyrie a obtenu le prix Merlin en 2009.

La Malédiction de l'anneau

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L'anneau maudit, forgé à partir de l'Or du Rhin par le roi de Nibelung est dérobé par Loki. Il frappe de folie tout ceux qui le possède en même temps qu'il leur confère des pouvoir destructeurs. A l'approche du Ragnarök, le crépuscule des dieux, Odin tente de sauver ce qui reste de l'Asgard à travers ses fils, les rois du Frankenland. Sa fille préférée, la Walkyrie Brunehilde, devra sacrifier son immortalité afin de lever la malédiction qui pèse sur la Reine du Frankenland, que Frigg, la femme d'Odin, a rendu stérile afin de protéger la pureté de la lignée divine.

Les Chants de la Walkyrie, 2008, Belfond
Le Sommeil du Dragon, 2009, Belfond
Le trésor du Rhin, 2010, Belfond

Les trois tomes regroupés en un seul volume :
La Malédiction de l'anneau, Belfond, 2010

 

Pierre Grimbert

Pierre_Grimbert

Né en 1970, Lillois d'origine, il étudie les métiers de l'édition et de la librairie à Bordeaux après avoir été bibliothécaire. En 1995 il commence à écrire sa série la plus connue : le Cyle de Ji, pour lequel il remporte le prix Julia Verlanger en 1997. En 2004 il créé avec Audrey François les Editions d'Octobre, maison qui édite notament Le Monde d'Edward Craft, parodie de World of Warcraft, NOOB : saison 1.5, tirée de la série télévisée du même nom, ainsi que Le Donjon de Naheulbeuk.

Le Cycle de Ji

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Dans un monde peuplé de magiciens, séparé par les montagnes du Rideau entre les Hauts-Royaumes et les Royaumes Estiens, tous les royaumes connus sont invités à envoyé un émissaire chacun sur l'île de Ji. Peu en reviennent, aucun s'en souviennent. 118 ans plus tard, leurs héritiers se rendent comme chaque année sur cetteîle afin de percer le mystère. Puis ils commencent également à disparaitre chacun à leur tour.

Le Secret de Ji - 1997 (Mnémos)
Six Héritiers
Le Serment Orphelin
L'ombre des anciens
Le Doyen Eternel

Les Enfants de Ji (Editions d'Octobre)
Le Testament oublié, 2002
La Veuve oubliée, 2004
La Voix des aînés, 2005
Le Patriarche, 2005
Le Sang du Jal, 2006

Les Gardiens de Ji (Editions d'Octobre)
La Volonté du Démon, 2008
Le Deuil écarlate, 2009
Le Souffre des aïeux, 2010

 

Sophie Audouin - Mamikonian

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Fan de J.R.R. Tolkien depuis toujours, Sophie Audouin - Mamikonian a commence à écrire à l'âge de douze ans. Ses influences sont très variées : d'Homère à Terry Pratchett, en passant par Alexandre Dumas, Shakespeare ou encore Agatha Christie. Elle commence à imaginer l'univers d'AutreMonde après la naissance de sa fille et envoie un premier manuscrit aux éditeurs en 1991. Ce n'est qu'après le succès de la vague Harry Potter que les aventures de Tara Duncan seront publiées d'abord chez Seuil, puis chez Flammarion. Douze tomes sont prévu de cette saga destinée à la jeunesse et qui a su fédéré une vrai communauté de fan, les Tarradicts. Les aventures de Tara Duncan on été adaptées en BD et en dessin animé. Une adaptation filmique semble également être en projet.

Tara Duncan

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Tara'tylanhnem T'al Barmi Ab Santa Ab Maru T'al Duncan, communément appelée Tara Duncan, héritière du plus grand empire de la planète AutreMonde est une jeune sortcelière qui a le pouvoir d'accéder aux objets démoniaques. Avec l'aide de ses amis et de différentes créatures magiques, elle doit aller sauver sa mère, prisonnière du puissant et maléfique Magister, chef des Sangraves.

Les Sortceliers, 2003 (Le Seuil)
Le Livre Interdit, 2004 (Le Seuil)
Le Sceptre maudit, 2005 (Flammarion)
Le Dragon Renégat, 2006 (Flammarion)
Le Continent Interdit, 2007 (Flammarion)
Dans le piège de Magister, 2008 (Flammarion)
L'invasion Fantôme, 2009 (Flammarion)
L'impératrice Maléfique, 2010 (Flammarion)

 

Pierre Bottero

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Né en 1964, passionné de lecture, plus particulièrement par le Seigneur des Anneaux, Pierre Bottero est d'abord professeur des Ecoles et se met à écrire à la demande d'une de ses filles, un premier romans publié chez Castor Poche. Il écrit aussi bien de la fantasy que de la littérature jeunesse plus générale. Ses cycles les plus connus sont La Quête d'Ewilan, suivit des Mondes d'Ewilan, Pierre Bottero meurt en 2009 des suites d'un tragique accident de moto.

Le Cycle d'Ewilan

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Lors d'un accident de la circulation, Camille, une adolescente surdouée se redrouve dans le monde de Gwendalavir et découvre qu'elle est en réalité Ewilan, héritière du don de Dessin, envoyée par ses parents dans notre monde pour la mettre en sécurité. Ewilan devra alors aprendre à maîtriser ses pouvoirs afin de libérer son monde des Ts'liches.

La Quête d'Ewilan (Rageot)
D'un monde à l'autre, 2003
Les Frontières de glace, 2005
L'Île du Destin, 2006.


Les Mondes d'Ewilan (Rageot)
La Fôret des Captifs, 2007
L'Oeil d'Otolep, 2007
Les Tentacules du mal, 2007

 

Jean-Louis Fetjaine

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Diplômé de philosophie et d'histoire médiévale, Jean-Louis Fetjaine, né en 1956, a été journaliste, traducteur et éditeur avec la collection Hors Collection aux Presses de La Cité avant de diriger les Editions Le Pré aux Clercs, ratachés à Place des
Editeurs. Après avoir écrit un certain nombre de testes humoristiques, c'est avec la Trilogie des Elfes qu'il s'impose entant qu'auteur de Fantasy. Il publie ensuite d'autres romans à mi-chemin entre le roman historique et le merveilleux (Le Pas de Merlin (Prix Imaginal du roman de Fantasy 2003), Brocéliande) puis il revient à la fantasy pure avec Les Chroniques des Elfes, préquel à la Trilogie des Elfes.

La Trilogie des Elfes

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Il y a bien longtemps, le monde était peuplé de créatures fantastiques aujourd'hui effacés des mémoires. Les elfes, des êtres à la peau bleuté, jadis le peuple le plus puissant et redouté sombre peu à peu dans le chaos face aux avancées conquérantes des humains sur les peuples libres.


La Trilogie des Elfes (Belfond)
Le Crépuscule des elfes, 1999
La Nuit des Elfes, 1999
L'heure des elfes, 2000


Les Chroniques des Elfes (Belfond)
Lliane, 2008
L'Elfe des Terres Noires, 2009
Le Sang des Elfes, 2010

 

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22 avril 2011

L'univers de la Terre du Milieu

Les Langues de la Terre du Milieu

 Tolkien était un grand passionné de philologie, il maîtrisait une 10éne de langue, dont le  gallois ou encore le finnois. Et cet amour des langues se ressent dans son œuvre, certains diront même qu’il a créé son univers pour mettre en scène les différentes langues qu’il a créé, en effet celui considérait la création de langue comme un art, mais il ne concevait pas qu’elles puissent exister sans avoir une mythologie propre, une histoire. On retrouve dans le Seigneur des Anneaux, une 10éne de langue construite, plus ou moins aboutit bien sur, on les croise dans des noms de lieux, ou de personnes, dans des poèmes ou des chansons. On luit doit la création du khuzdûl, du quenya ou encore du sindarin.  Tolkien a également créé différents systèmes d’écriture pour ses langues. Et c’est certainement cet ensemble qui contribue à la cohérence et la vraisemblance de son œuvre, comment douter des histoires de Sam le Brave et Frodon au 9 doigts, avec un tel souci du détail.

La Terre du Milieu

 La Terre du Milieu, est le lieu ou se situe la majorité de l’œuvre de Tolkien. Il la décrit comme notre Terre dans un passé lointain. Dans la légende nordique, la terre est constituée de 7 mondes, la Terre du Milieu (Middle-earth) étant le monde des hommes. Généralement le terme est souvent utilisé pour désigner l’Univers de Tolkien dans son ensemble, alors que celui-ci est bien plus étendu.

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Les adaptations

Le seigneur des anneaux a été adapté à 3 reprises à l’écran, les deux premières, des films d’animations, n’ont pas eut un grand succès. Il faut attendre le géni de Peter Jackson et les progrès  des images de synthèses pour rendre toute son ampleur à l’œuvre de Tolkien. Les films sortent entre 2001 et 2003 et ont le succès que nous leur connaissons tous, le Retour du Roi est même salué par 11 oscars. Et pour 2012 Peter Jackson va nous faire revivre Bilbo le Hobbit.

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21 avril 2011

John Ronald Reuel Tolkien

 John Ronald Reuel Tolkien, est né en Janvier 1892 en Afrique du Sud. En 1896, son père Arthur meurt, la famille rentre en Angleterre.  Entre 1910  et 1915, il entreprend de brillantes études à Oxford, véritable passionné de philologie et de littérature, il commence à créer des langues qu’il met en situation dans son univers. 

 En 1916, il se marie avec Edith son amour de jeunesse, la même année il part à la guerre, mais très vite, après avoir participé  à la bataille de la Somme, il est rapatrié à cause de la fièvre des tranchées. C’est durant cette terrible période que le Silmarillion commence à voir le jour.

Au retour de la guerre, il entame une longue carrière de professeur d’anglais.  Il participe à de nombreux travaux littéraire ou philologique (notamment une étude de Beowulf). Un jour en corrigeant des travaux d’étudiants, il tombe sur une copie blanche,  l’inspiration vient,  Bilbo le Hobbit est né. Ce roman il va le lire à ces enfants, mais ils grandissent vite, et le manuscrit est abandonné dans un tiroir. Quelques temps plus tard une étudiante le redécouvre très enthousiaste elle convint Tolkien de l’envoyer aux maisons d’édition. Georges Allen and Unwin sont intéressés, le manuscrit est lu par le fils de Allen, le jeune garçon conclu : « il est bon et devrait plaire à tous les enfants entre 5 et 9 ans ».  Le succès est immédiat, le public demande une suite. 

La suite ne vient que 15 ans plus tard, La Communauté de l’Anneau et les Deux tours sont publiés en 1954, le Retour du Roi en 1955. La saga est bien reçu par le public, mais ce n’est que 10 ans plus tard, lors de la sortie en poche que Le Seigneur des Anneaux devient un véritable classique de la littérature anglo-saxonne. La popularité de l’œuvre de Tolkien a certainement contribué au développement de la fantasy dans les années 70.

En 1959, Tolkien quitte son poste de professeur, et passe le reste de sa vie à travailler sur son Silmarillon. En 1971 sa femme, sa « Lùthien »,  meurt. L’année suivante les honneurs de la Reine, ainsi qu’un doctorat ès lettres de la part d’Oxford lui sont remit.

Tolkien s’éteindra le 2 Septembre 1973 à 81, laissant à Christopher son fils de publier le reste de son œuvre.

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Les écrits de la Terre du Milieu

          Bilbo le Hobbit  est publie en 1937, ce roman destiné à la base aux enfants de Tolkien, a rencontré dès sa parution un véritable succès dès sa parution. Tous fut charmer par l’histoire de ce hobbit gourmand n’ayant jamais eu d’aventure, qui se retrouve dans des circonstances étranges embarquer dans une chasse au dragon, accompagné de 13 nains et d’un magicien, en chemin le hobbit entre en la possession d’un mystérieux anneau magique. Ce sympathique aller-retour, a été traduit dans  plus de 40 langues et a été salué comme « roman le plus important du XXe siècle » dans la catégorie « livres pour enfants du siècle ».

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Après le succès de Bilbo le Hobbit, les lecteurs réclament une suite, Tolkien proposera à son éditeur, le Silmarillion, mais le projet n’est pas retenu, Tolkien publie don le Seigneurs des anneaux, avec la garantis de voir son projet précédent publié par la suite. La communauté de l’anneau et les deux tours seront publié en 1954, le Retour du Roi, l’année suivante. Dans ce livre nous retrouvons notre cher Bilbon (et oui un changement dans la traduction est venu) qui fête ses 111, ce même jours, Bilbon décide de repartir à l’aventure, il laisse tous ces biens à son neveu Frodon, y comprit son anneau magique. C’est le point de départ d’une incroyable aventure (encore un aller et retour), pour ce hobbit et ces compagnons rencontré au fil de l’aventure, car en effet celui-ci apprend que cette anneau magique n’est autre que l’anneau unique de pouvoir rechercher par le maléfique Sauron. Frodon a une mission le détruire, la bataille pour la Terre du milieu a commencé. Le Seigneur des Anneaux rencontre un succès planétaire, la fantasy est née.

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Tolkien meurt avant d’avoir put achever et  publier son œuvre maitresse, sur laquelle il travaillait depuis 1917 : le Silmarillon, c’est son fils Christopher qui s’en charge, en 1977. Ce livre retrace toute l’Histoire de la Terre du milieu depuis les premiers âges, il s’agit d’une gigantesque œuvre mythologique.

            Par la suite Christopher Tolkien publiera de nombreux écrit de son père, dont Contes et légendes inachevés, ou Histoire de la Terre du milieu, ou plus récemment Les Enfants de Húrin. Ces livres sont une reprise des manuscrits de Tolkien, y sont présentés plus dans le détail des épisodes déjà connu dans les précédents ouvrages.

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19 avril 2011

Qu’est-ce que la Fantasy ?

La fantasy est un genre littéraire qui trouve ses origines dans les légendes (notamment arthuriennes), mythes et autres contes.

Généralement, elle narre les aventures de héros confrontés à des créatures fantastiques (dragons, trolls, licorne, etc.), qui vivent dans des univers peuplés de personnages imaginaires (elfes, gnomes, fées, etc.) et où la magie est omniprésente.

 

Les mondes dans lesquels évoluent les personnages sont, pour la plupart, proches d’un Moyen Age occidental puisqu’on y retrouve des châteaux forts, des magiciens et autres chevaliers.

Le thème récurrent en fantasy est la lutte entre le bien et le mal dans un univers que le lecteur doit admettre d'emblée comme vraisemblable et existant. Souvent, les auteurs parviennent à convaincre les lecteurs de l’authenticité des mondes, en poussant la précision de leurs descriptions jusqu’à créer: cartes et plans des lieux, histoires et mythes des pays, des langues, des arbres généalogiques, une faune et une flore à part entière.

 

Cette abondance de détails explique le fait que la plupart des œuvres de fantasy se déroulent sur plusieurs années et sur plusieurs cycles. L'amateur n'est dès lors plus seulement un lecteur : en entrant dans un univers parallèle, il intègre une très large communauté d'initiés, qui se reconnaissent au sein d'une « culture fantasy ».

 

 Comment différencier la Fantasy de la Science-fiction, du Fantastique ou du Conte ?

La fantasy est souvent associée à la science-fiction mais se différencie de cette dernière dans la mesure où la présence d’éléments surnaturels ne s’explique pas par des faits scientifiques.

 De la même manière la fantasy est dissociée du fantastique par le fait que les individus, les mondes ou les créatures imaginés par l’auteur sont acceptés par le lecteur comme étant naturels et rationnels.

Ou plus simplement : dans le fantastique, le surnaturel fait irruption dans le quotidien, déstabilise le lecteur, alors que pour la fantasy, l’irrationnel est considéré comme normal.

 

Pour le conte, il est plus difficile de faire une distinction entre les deux genres puisque la fantasy s’inspire directement de celui-ci. Mais on notera tout de même que le lecteur s’identifiera beaucoup plus facilement aux personnages de la fantasy que ceux du conte. En effet, les premiers parviennent à nous transmettre leurs émotions, que ce soit en termes de joie ou au contraire de tristesse, ce qui leur donne une certaine humanité et nous permet d’apprécier d’autant plus l’histoire !

 

  •  Heroic fantasy, parfois appelée Sword and sorcery :

A l’origine, on utilisait ce terme pour désigner, globalement, les ouvrages de fantasy.  

Dans ce sous-genre, l’intrigue se focalise sur un ou deux personnages principaux. L’histoire se déroule dans un monde totalement différent du notre, même s’il peut lui être parallèle, et est inspiré du Moyen-âge européen. Le héros n’a, en général, pas de pouvoirs magiques : il doit compter sur sa seule force physique pour se débrouiller et affronter des monstres ou des créatures maléfiques possédant des pouvoirs surnaturels.

Ce sous-genre renoue avec les romans de cape et d’épée et les grands récits médiévaux de bataille en relatant des aventures de guerriers dans un monde imaginaire, magique et souvent violent.

Exemples :

- Conan de R.E. Howard

- Le Cycle d'Elric de Michael Moorcock

- Le Cycle des Epées de Fritz Leiber

- L'assassin Royal de Robin Hobb

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  •  High fantasy :

Les thèmes principaux développés dans ce sous-genre sont : la lutte entre le Bien et le Mal et l’ascension d’un jeune garçon au sein de sa communauté, jusqu’à ce qu’il en devienne le héros. Pour cela, il devra : effectuer une quête initiatique, mener une guerre contre les forces de la magie noire ou restaurer l'ordre du monde.

Contrairement à l’heroic fantasy, le personnage principal peut être accompagné dans sa quête, d’un groupe de personnages pouvant être de races différentes (elfe, nain, hobbit, etc.) et aux compétences multiples (pouvoirs magiques, force physique démesurée, parfaite maitrise des armes, etc.). De plus, en high fantasy l'atmosphère est plus féerique que pour l'heroic fantasy qui se concentre, quant à elle, sur les scènes de combat.

Exemples :

- Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien

- Les Chroniques de Krondor de R.E. Feist

- Belgariade et la Mallorée de David et Leigh Eddings

- Le Cycle de Terremer d’Ursula K. Le Guin

- La Roue du Temps de Robert Jordan

- La Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay

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  • Dark fantasy :

Elle désigne des œuvres très sombres de la fantasy. Dans ce genre, les rôles sont en quelque sorte inversés en comparaison avec la high fantasy ou l’heroic fantasy : ici, le Bien est dépassé par le Mal. La dark fantasy est à la limite du fantastique et de l'horreur : elle met en scène des éléments d'horreur comme les dieux ou les monstres abominables et la découverte de l'étrange se joue sur fond de démence et d'ambiance cauchemardesque. Ce genre joue sur nos peurs, nos phobies, tout ce qui, intérieurement, nous terrifie.

Exemples :

- Ouvrages de H.P. Lovecraft.

- La Tour Sombre de Stephen King

- Zothique de C.A. Smith

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  •  Fantasy burlesque (ou light fantasy) :

Ce type de fantasy peut s’adresser aussi bien aux enfants qu’aux adolescents ou aux adultes puisqu’il est basé sur le burlesque, l’humour et/ou la parodie. Les héros sont souvent des enfants qui vivent des aventures où la magie, plus ou moins maitrisée, est perçue comme distrayante plutôt qu’inquiétante. Les auteurs de light fantasy aiment tourner en dérision les autres sous-genres de la fantasy en les parodiant et notamment l’heroic fantasy et son manichéisme.

Exemples :

- Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett

- Harry Potter de J. K. Rowling

- Les Livres magiques de Xanth de Piers Anthony

- Lyonesse de Jack Vance

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  •  Fantasy urbaine :

Peut ressembler au fantastique puisque des éléments irrationnels font irruption dans le monde réel. Néanmoins, elle s’en éloigne du fait que ce surnaturel est considéré comme ayant toujours existé, mais l’Homme l’avait oublié avec l’apparition de la modernité, le transformant en mythes ou légendes. Le merveilleux a donc vécu en parallèle de notre monde dans des lieux cachés du public (égouts, terriers…). Le héros découvre l’existence de ces créatures en passant la frontière entre les deux mondes.

Exemples :

- Neverwhere de Neil Gaiman

- Cycle autour de Newford City de Charles De Lint

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  • Romantic fantasy

La plupart des auteurs de ce sous-genre sont des femmes et les personnages principaux ne sont plus des hommes mais bien des femmes. Comme les héros, ces héroïnes poursuivent leur quête au jour le jour en tentant de survivre grâce à la magie ou à leur talent de guerrières. Malgré tout, cela ne les empêchent pas d’avoir des aventures sentimentales ou de vivre des tragédies. 

 

Exemples :

- Les dames du lac et La ténébreuse de Marion Zimmer Bradley

- Les hérauts de Valdemar de Mercedes Lackey

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D’autres sous-genres de la Fantasy :

  •  Science fantasy : a mi-chemin entre la Science-fiction et la Fantasy puisque la science et la magie s’y entremêlent.
  •  Animal fantasy : les héros sont des animaux anthropomorphisés. On le retrouve dans les contes de Grimm, d'Andersen ou de Perrault.
  •  Fantasy mythique : proche des mythes et des légendes car on insiste sur le merveilleux.
  •  Fantasy historique ou uchronie : peut reprendre un évènement de l’Histoire en changeant de point de vue ou en modifiant son issue, mais toujours dans un contexte magique.
  •  Fantasy arthurienne : inspirée des légendes d’Arthur.

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25 mars 2011

Histoire de la Fantasy

On fait souvent remonter la naissance de la fantasy aux œuvres de l’Antiquité telles que L’Iliade et L’Odyssée d’Homère, aux romans  du Moyen-Age tels que les romans arthuriens de Chrétien de Troyes ou Beowulf ou encore à la Renaissance avec notamment les contes de Charles Perrault et la mode des contes de fées. Cependant, il s’agit plutôt de sources d’inspiration de la fantasy plutôt que de ses origines.

La fantasy est  donc l'héritière des  traditions riches en contes et légendes, des épopées antiques et des récits de chevalerie baignée dans le merveilleux médiéval.

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La fantasy moderne débute véritablement à la fin du 19ième siècle avec l’écossais George Mac Donald, auteur de The Princess and the Goblin et Phantast, ce dernier est d’ailleurs considéré comme le premier roman de fantasy écrit à destination des adultes et ayant influencé des auteurs comme C.S. Lewis et J.R.R. Tolkien.

Dès lors de nombreux auteurs ne vont cesser de contribuer au développement de la fantasy comme Edgar Allan Poe et Oscar Wilde pour la dark fantasy, H. Rider Haggard développe les conventions du genre « monde perdu » ou encore E.R. Eddison qui insère les personnages vigoureux, nobles et vivant de glorieuses aventures.

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William Morris a également beaucoup influencé le développement de la fantasy au 19ième siècle. En effet, en plus de s’inspirer des récits médiévaux il archaïse délibérément son style pour se rapprocher des romans de cette époque et il est aussi le premier auteur à créer dans ses récits de véritables mondes imaginaires comme dans The Well at the world’s end.

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En 1923, apparait le premier magazine consacré à la fantasy : Weird Tales qui sera suivi de The Magazine of Fantasy. Le format pulp (papier de mauvaise qualité fait de pulpe de bois) et son succès a joué un rôle important dans la popularisation de la fantasy. C’est d’ailleurs dans ces magazines que de nombreux auteurs se feront connaitre tels que Ray Bradbury, Clark Ashton Smith, Fritz Leiber ou encore H.P. Lovecraft.

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C’est également durant cette période  qu’apparait la « sword ans sorcery » avec notamment Conan le Barbare de Robert E. Howard et Fafhrd et le Gris Souricier de Fritz Leiber.

En 1938, la publication d’Excalibur, l’Epée dans la pierre de T.H. White est le premier exemple de fantasy comique.

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Le tournant a lieu en 1955 avec la publication du Seigneur des anneaux de J.R.R. Tolkien, fondateur de la high fantasy, précédé par la publication en 1937 de Bilbo le Hobbit. Le Seigneur des anneaux est considéré comme l’ouvrage fondateur de la fantasy comme genre à part entière car il montre la fantasy dans toute sa splendeur avec la création d’un univers complet, balaie tous les genres précédents, ce n’est plus uniquement une branche obscure de la science fiction.

Le succès du Seigneur des anneaux a incité les éditeurs à publier des séries susceptibles d’attirer de la même façon les lecteurs. C’est ainsi que les magazines laissent la place aux romans.

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En 1961, est édité la première nouvelle du Cycle d’Elric : la cité qui rêve de Michael Moorcock; en 1977 c’est au tour de L’Epée de Shannara  de Terry Brooks premier roman de fantasy à apparaitre dans la liste des meilleures ventes du New York Times.

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A partie des années 1980, les longues séries de fantasy humoristique de Piers Anthony avec Xanth et de Terry Pratchett avec Disque monde apparaissent dans les meilleures ventes.

Dans les années 90, les romans Harry Potter de J.K. Rowling ont permit d’accroitre le mélange de la fantasy avec la fiction « classique ».

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Ces succès sont confirmés par la réussite des adaptations cinématographiques de romans de fantasy comme Le Seigneur des anneaux ou Le Monde de Narnia.

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22 mars 2011

Orson Scott Card – Enchantement

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 Orson Scott Card est un auteur de science fiction et de fantasy, né en 1951.

Il écrit L’enchantement en 1999, l’un de ses nombreux romans. Il écrit d’ailleurs dans plusieurs formes : des romans, des contes, des nouvelles, en un livre ou en séries, cycles. Ses œuvres tournent toujours autour de l’humain, et sa croyance mormone apparait plus ou moins selon les histoires par sa connaissance des textes sacrés et des références religieuses.

Il a reçu de nombreux prix, comme le prix Cosmos 200 ou le prix World Fantasy.

 Dans le roman, Enchantement, il nous fait voyager entre deux mondes, le notre, actuel et bien connu du lecteur, à celui d’un autre temps, passé, peuplé de croyances et de rites. Le pont reliant ces deux mondes, perdu au fin fond d’une forêt ukrainienne, nous fait découvrir le monde de la terrible Baba Yaga, sorcière des contes russes. Yvan, le héros de ce livre, découvre cette nouvelle Belle au Bois Dormant et nous emmène dans un Moyen-âge, avec les doutes d’un immigré américain et des préoccupations qui lui sont propres. Légende, religion, apprentissage et découverte de la différence chez les autres, les codes de chaque société, l’image que l’on donne,… une histoire remplie de découvertes et de réflexions. Sans oublier un peu de suspens… que vont devenir Ivan, la princesse, la sorcière et ce monde condamné par cette dernière, imbue de pouvoir.

Même non adepte de la fantasy, ce livre m’a absorbée, tel que l’a été Ivan. Ses personnages bien humains, et les descriptions de leurs pensées et sentiments que nous connaissons bien, nous permet de se sentir un peu dans notre monde, connu, et dans un monde onirique, fantastique. Ni robot, ni machines extravagantes, juste un monde enchanté qui fait rêver et douter de notre monde actuel. Une extension des contes de notre enfance…

 ……………………………………………………………………………………………………..

Quatrième de couverture

Au cœur de la forêt ukrainienne, le petit Ivan découvre une jeune fille endormie sur un autel. Une présence inquiétante le pousse à s’enfuir. Des années plus tard, Ivan revient sur les lieux. Cette fois il ose embrasser la belle… et se retrouve précipité mille ans auparavant, dans un monde parallèle où la sorcière Baba Yaga fait peser une terrible menace.

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18 février 2011

Comment écrire du policier ?

Étape 1 : Construire l’intrigue

Lorsqu’on lit un polar on découvre progressivement l’énigme. La difficulté est donc d’inventer la solution en même temps que le mystère. Vous êtes le scénariste qui la construit. Le pari est de construire une intrigue rigoureuse et de mener le suspens jusqu’à la fin. Donc, abandonnez tout de suite les idées de meurtres en série, de détails horribles, d’inondations d’hémoglobine.

 

Le crime

Qui

Qui a tué qui ?

Pourquoi ?

Où ? Quand ? Comment ?

Choisissez la victime, le coupable, le mobile, les circonstances.

Inventez dès maintenant une fausse piste : deux suspects possibles, dont le vrai coupable, deux mobiles, deux alibis.

Le mobile

Les mobiles des crimes sont toujours un peu les mêmes. Choisissez-en un parmi ceux-ci et développez-le :

• argent (capter un héritage ; bénéficier d’une assurance vie ; s’approprier un billet de loto gagnant, etc), vol (d’un tableau, d’un bijou, d’un timbre de collection, des actions d’une mine d’or, d’un manuscrit miraculeusement retrouvé, des plans d’une nouvelle fusée, etc)

• amour, jalousie (toutes les situations du crime passionnel)

• ambition (pour obtenir un poste de dirigeant dans une société quelconque…)

• mauvaise conscience (faire taire un maître chanteur ou un témoin gênant)

• vengeance…

Le brouillage des pistes

Déterminez la manière dont le coupable a brouillé les pistes pour éviter d’être accusé :

• alibi bien préparé (préciser : lieux, heures, témoins)

• meurtre déguisé en suicide ou en accident

• disparition du cadavre (de l’hôpital, de la morgue…)

• déguisement de l’assassin (perruque, postiche, imperméable, hauts talons, etc)

• faux indices : pièces à conviction qui accusent quelqu’un d’autre

• détails mystérieux et insolites : cadavre caché dans un étui de contrebasse, étranglée de six bas de tailles et de couleurs différentes, victime aux pieds bandés, etc.

• effacement ou trucage des empreintes

• arme du crime inattendue et diabolique (coups de téléphone affolants, piqûre de guêpe déclenchant une allergie mortelle, poison dans le gâteau de mariage, etc.)

•… sans oublier le traditionnel meurtre en lieu clos : chambre fermée de l’intérieur, bateau en pleine mer, chalet de montagne isolé par la neige

Les indices et les preuves

Des indices doivent trahir le coupable et amener le détective à la vérité : des indices matériels, une phrase prononcée, deux témoignages qui ne concordent pas, un testament truqué, la copie d’un acte d’état civil… Les preuves, qui vont confondre le coupable et servir au procès, peuvent être de différents ordres : journaux anciens, décalage horaire, ticket d’autoroute, film de caméra de surveillance, empreinte digitale, test scientifique…

 

Étape 2 : Vérifier la présence des éléments indispensables à l’intrigue

Petite liste pour vérifier la construction de votre énigme :

• Qui est la victime ?

• Où, quand, comment et par qui a-t-elle été trouvée ?

• Par qui l’intrigue est-elle racontée ?

• Quels sont les indices ?

• Qui est coupable ?

• Qui est d’abord suspecté (e) ?

• Pourquoi ?

• Comment le coupable s’y est-il pris ?

• Comment le coupable a-t-il dissimulé son crime ?

• Par quelles preuves le coupable est-il démasqué ?

 

Étape 3 : Rédigez un résumé de l’intrigue

 

Étape 4 : Présenter oralement son texte

En présentant oralement votre texte, vous pourrez vérifier si votre intrigue est cohérente, si elle est assez complète pour être comprise.

 

Étape 5 : Créer des personnages

Vous voici parvenus à une étape bien plaisante : il s’agit ici de créer les caractéristiques de vos principaux personnages : la victime, le coupable, l’autre suspect, et surtout votre personnage principal : le détective.

 

Étape 6 : Se documenter

Pour que votre intrigue soit passionnante à lire, il est important d’apporter autant de soins au cadre qu’aux personnages. Pour cela, vous vous documenterez. Cherchez des cartes de la région que vous avez choisie. Consultez un plan de la ville (calendrier des PTT…). Écrivez à l’office du tourisme de la ville concernée. Si vous avez choisi une autre époque que la nôtre pour un épisode, pour expliquer un mobile, vous devez si possible consulter des manuels d’histoire, des journaux de l’époque, vous renseigner sur les voitures, les objets de la vie quotidienne. De même, pour éviter des erreurs, il est indispensable de se renseigner sur le fonctionnement de la justice française.

 

Étape 7 : Comment commencer ?

Le début du récit.

Vous allez écrire la scène d’exposition de l’intrigue. Il ne s’agit pas de la scène du crime, qui sera racontée à la fin de l’histoire, mais de la scène de la découverte du méfait. Cette scène comportera deux parties successives :

— la mise en scène d’un personnage décrit dans sa vie quotidienne, qui ne se doute de rien et qui va découvrir le méfait. Vous décrirez des actions quotidiennes, banales

— la découverte du méfait, avec certains détails parmi lesquels figurent — bien cachés parmi de nombreuses autres remarques — les indices qui trahiront le coupable à la fin.

N’oubliez pas de montrer l’émotion, la frayeur du personnage qui découvre le méfait.

Décrivez la scène de manière progressive, pour entretenir le suspens : le lecteur doit se poser des questions importantes à la fin de cette scène.

 

Étape 8 : Corriger son brouillon

Deux gestes de correction du brouillon

1. Ajouter Á quel (s) endroit (s) du texte pouvez-vous ajouter des détails ? Pourquoi ? Lesquels ?

2. Déplacer

Pour mettre en relief un moment clef, vous connaissez la technique du retour en arrière (voir p. 00)

Quelle phrase pourrait commencer le texte ?

Quels faits pourraient être racontés ensuite par un retour en arrière ?

Il existe aussi des cas où il faut pratiquer un déplacement, à l’intérieur même de la phrase, afin de la rendre plus facile à lire. N’oubliez pas la correction de la langue.

 

Étape 9 : Inventer des péripéties, maintenir le suspens

Dans un récit policier, certains passages sont quasiment obligatoires. Les trois scènes indispensables au récit sont la découverte du méfait, que vous avez déjà écrite, une scène d’interrogatoire d’un suspect, et la scène de découverte de l’énigme. La scène d’interrogatoire est une scène de dialogue. C’est l’enquêteur qui la mène, et le suspect doit mêler des paroles vraies et des mensonges ou des omissions. Elle contient des indices qui serviront ultérieurement à l’enquêteur.

 

Étape 10 : La solution de l’énigme

Étant donné que vous l’avez inventée en même temps que le mystère, la solution ne doit pas vous surprendre, mais elle doit surprendre le lecteur. Deux difficultés doivent être résolues :

1. — Aucun élément de l’énigme ne doit être oublié (tous les détails — empreintes, horaires, témoignages — doivent s’emboîter comme dans un puzzle terminé. Tout doit s’expliquer de manière rationnelle : le fantastique n’est pas admis ici.

2. — Le lecteur ne doit pas avoir trop vite deviné qui est le coupable, de manière que la lecture reste intéressante jusqu’à la fin.

La scène de résolution du mystère est la grande scène dans laquelle l’enquêteur déploie tous ses talents : intelligence, mémoire, esprit de synthèse, lucidité, qualités humaines.

 

Étape 11 : Partager

Après ce grand effort, vous avez bien mérité de communiquer votre oeuvre !

Posté par Sarasue à 22:30 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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